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Paris'écrit

Québec Amérique XXIe

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2 réponses à ce sujet

#1 Julien Hoquet

Julien Hoquet

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  • Une phrase ::Je regarde un ciel étoilé et je me sens une grande humilité.

Posté 15 mai 2019 - 02:41

Le Devoir, 15 mai par Isabelle Paré

 

Des enfants qui assimilent l’alphabet sur des tablettes, des adultes qui n’écrivent plus que des listes d’épicerie, et un monde qui réagit à coups d’émoticônes et de textos… C’est pour s’offrir une pause des claviers et de l’instantanéité des réseaux sociaux que la Ville Lumière tient demain la journée «Paris’écrit» (lire «Paris s’écrit»). Une invitation à renouer avec la forme manuscrite, ce temps long de l’écriture qui permet à la lettre de se draper de la griffe de celui qui tient la plume.

Mercredi, dans plus de 200 lieux de la Ville Lumière, dont 32 bibliothèques, 41 bureaux de poste et cinq musées, les Parisiens sont invités à quitter leur tourbillon journalier le temps de prendre la plume. C’est à l’invitation de l’idéateur du mouvement «Nuit blanche», Christophe Girard, devenu maire adjoint à la culture de la Mairie de Paris, que l’éternelle ville, muse d’écrivains comme Hugo, Baudelaire, Prévert et consorts, se mettra à l’heure des mines, bic, feutres et stylets en tous genres de plus en plus boudés en cette ère numérique.

«Ce n’est pas un événement contre les réseaux sociaux. Ce n’est pas du tout antinomique, mais plutôt une invitation à retrouver le chemin d’un art important », insiste Christophe Girard, rencontré à Montréal la semaine dernière, où il était venu discuter d’échanges culturels et de francophonie avec la métropole québécoise.

 

Ce vieux routier de la culture, à l’origine du mouvement mondial des «Nuit blanche» lancé à Paris en 2002, veut que ce coup de pub pour l’écriture manuscrite ne soit pas vu comme un élan nostalgique du temps passé. Il y a dans l’écriture graphique, «autre forme de communication, plus personnelle, un acte d’engagement», soutient le nouveau héraut de la culture, qui espère que le mouvement deviendra viral dans plusieurs métropoles du monde, dont Montréal. «Entre texter une émoticône et épancher son humeur mot à mot sur papier, il y a tout un monde que plusieurs occultent en notre époque», poursuit Girard.

 

Une main tendue

 

Plus qu’une fête de l’écriture, la manifestation se veut aussi une main tendue vers l’autre en cette époque de tensions et de divisions. Un temps redonné au partage, insiste Girard. «Recevoir une lettre, c’est aussi un service social important pour des personnes comme les gens âgés, pour qui la visite du facteur est souvent le seul contact régulier», rappelle-t-il. Les bureaux de poste de Paris seront d’ailleurs associés à ce rendez-vous épistolaire en offrant au public des cartes postales, alors qu’un timbre «Paris’écrit» sera émis pour l’occasion.

 

 

Rituel, témoignage, artefact, offrande: autant de qualités que la Ville de Paris veut redonner à la missive, cachetée dans une enveloppe. Les villes sont aujourd’hui devenues le théâtre de foules, yeux tournés vers le sol, mains agitées sur de microclaviers, affirme Girard. «Le manuscrit c’est merveilleux, c’est prendre le temps de s’exprimer aux autres. On n’efface pas une lettre qu’on envoie. Au contraire d’un texto, on ne peut envoyer une lettre par erreur. Écrire une lettre, c’est devenu presque un acte de courage, c’est un appel à la réflexion.»

 

Pour souligner la beauté du geste, plus de 1300 élèves griffonneront le 15mai le récit de leur ascension du plus haut point de Paris, à l’occasion des 130ans de la tour Eiffel. «Ça nous changera de l’égoportrait!» laisse tomber le titulaire de la culture, qui rêve de voir naître un «Montréal’écrit». «Paris’écrit, c’est aussi un cri du coeur pour la défense de la langue française et, à ce titre, je trouve que Montréal, que le Québec en général, fait beaucoup mieux que la France.»

 

Mal de lettre

 

Cette ode aux plumes et au papier survient alors que l’écriture manuscrite, notamment sous la forme cursive, diminue de jour en jour avec l’adoption des tablettes et autres claviers dans les écoles. Selon une étude réalisée auprès d’élèves par des chercheurs en persévérance scolaire et en littératie, l’adoption au Québec de l’écriture script (en lettres détachées) en première année, suivie ensuite de celle de l’écriture cursive en 2e et 3eannées, a des effets délétères à plusieurs chefs. En 4e année, pas plus de 15% des élèves ont recours à l’écriture cursive, et seulement 7 à 8% en 5 eannée. Or, en plus de limiter les habiletés motrices des enfants, l’abandon de l’écriture cursive plomberait les performances scolaires. Plus encore, les élèves exposés à la double graphie seraient moins compétents en syntaxe et en orthographe que ceux qui n’ont appris que l’écriture cursive.

On pose d’ailleurs le même constat partout dans le monde, notamment en Allemagne, où une étude menée auprès de 2000 élèves constate que ces derniers écrivent de plus en plus lentement et péniblement à la main. Dans 45 des États américains et en Finlande, où l’apprentissage de l’écriture cursive a été abandonné au milieu des années 2010, certaines écoles sont depuis revenues sur leur décision.

 

Mais selon le magazine Slate, le déclin de l’écriture manuscrite n’est pas que la faute aux claviers et aux instruments de l’ère numérique. La perte de vitesse du crayon a été constatée dès les années 1960, plusieurs années après l’arrivée des machines à écrire et bien avant celle des ordinateurs personnel!

 

 

Au temps

De l'innocence

L'écriture dansait

Par les nuits pulpeuses

Un tango voluptueux

Avec les étoiles

Et la poésie projetait

Ses frissons lumineux

Sur l'écran espiègle

De mon enfance

 

Et tu es venue

Cristallisant mes désirs

Saupoudrant

Ma vie abracadabrante

De flocons d'amour

Et alors, je n'écrivais plus

Je vivais

 

Et tu es partie

Avec tes balivernes

Lactescentes

Et depuis

J'ai repris l'écriture

Avec les poings fermés

Frappant sur mon clavier

Chignant à douleur allongée

En crachant ton nom

Dans mon encrier

J'écris des mots atrabiles

Imbibés d'amertume

Qui ont trop souvent

L'écho ferreux

De la haine

 

Mais un jour

Je t'écrirai

Avec une plume d'ange

Une lettre toute en tristesse

Qui peut-être

Saura t'émouvoir

 

Et j'écrirai

Alors comme un fou

Des lettres immenses

Comme la Tour Eiffel

Sans jamais m'arrêter

Et toi seule pourras

Me comprendre

Contemplant une forêt

De pêchers roses

Où je serai cacher

À écrire les fruits

Les plus juteux

 

 

 

 

 

 

 

 



#2 Laurence HERAULT

Laurence HERAULT

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  • Une phrase ::Notre monde a besoin de plus de poésie
    Mais si l'on cherche bien, elle se niche partout.
    Il y a des fleurs sauvages au pied des grandes tours
    Et le chant des poètes embellit notre vie.

Posté 15 mai 2019 - 10:14

    Lettres : 

    Mots écrits et calligraphiés, beauté et richesse des mots, langage pour tout exprimer... Tenter de transmettre l'idée, et au-delà des apparences, chercher à atteindre le vrai... 

 

    Redonner à l'écrit ses lettres de noblesses ne peut que réjouir écrivains et poètes !  

    Merci pour le partage et pour la poésie... 

 

 

" Et tu es venue

   Cristallisant mes désirs

   Saupoudrant

   Ma vie abracadabrante

   De flocons d'amour

   Et alors, je n'écrivais plus

 

   Je vivais "

 

 

   Magnifique !



#3 Selphie

Selphie

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Posté hier, 04:44

Mais j'ai l'impression qu'il n'y a jamais eu (dans ma ville) autant d'ateliers d'écriture, dont beaucoup éphémères et gratuits. Peut-être pour renouer avec ce besoin  en contraste avec les claviers?