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La chaussette trouée


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202 réponses à ce sujet

#61 serioscal

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Posté 21 octobre 2018 - 09:19

Non ! On ne les voit pas.

On ne voit rien d'ailleurs. Quelqu'un a éteint la lumière.

Elle était dangereuse.

Jean-Luc avait voulu allumer la lumière. Boum ! L'immeuble s'est effondré. C'est peut-être le courrier qui était piégé. Mais c'est la lumière qui a sauté.

On ne voit rien. L'homme est plongé dans un rêve épais, halluciné. La silhouette de la chaussette houri se détache, sensuelle et légère, dans un halo narcotique de moi pur longtemps rêvé.

Il la regarde danser devant lui, installé devant sa bière atteinte, elle aussi, de troubles oculaires. Parfois elle s'approche. Très près. Il pourrait lire sa peau. Et puis tout se trouble.

Dehors le ciel est rouge. L'extase de l'archevêque a envahi tout l'espace céleste.

#62 Hattie

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Posté 21 octobre 2018 - 01:51

Dehors le ciel est rouge, les chaussettes sont vertes et personne ne les voir venir ensemble, eux, Dieu et l'Apo. Eux, les petits hommes verts de la fièvre dans laquelle se fond la vérité. La paillardise tourne au drame. La terrifiante vérité de Dieu va éclater en plein ciel. Nul essayiste, nul poète, nul évangéliste... n'y pourraient changer quelque ligne. C'est écrit. Pas même Trump, assis sur sa dignité, essayant tant bien que mal de biffer toutes les pages de la sainte Bible par les 5 lettres de son nom. Sait-on jamais... si. cela marchait.

 

On commence à comprendre la sainte imposture du concept de Dieu, passant d'Être Suprême à Supercherie.

On ?

_ '' Puisque nous en sommes à dire des vérités, n'y croyez pas, n'y croyez plus...'' ose Apo d'une voix nasillarde ébréchée par le bruit de l'explosion. '' N'y croyez pas … N'y croyez plus... Ceci est un masque. Sous le masque de Dieu '' Paf ! Un coup violent sur la tête. Venu de derrière. Probablement pour le faire taire.

 

Dieu prend un air abattu.

_ '' Derrière le masque de Dieu ? Mais qu'a-t-il voulu dire ? Lui, le seul homme capable d'avoir un jour coupé le cou du soleil et de l'avoir révélé ! ''

Dieu reprend un air abattu. Pas le même que le premier, puisque c'est le second.

 

La chaussette-houri s'approche. Plus aguichante que jamais. Béante. Ouverte. Béate. Prête à.

_ '' Ici, on ne joue pas à guichet fermé ! '' lance un passant amusé.

Amusée, la chaussette le suit.



#63 serioscal

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Posté 21 octobre 2018 - 04:16

- Nous allons passer par là, dit le gars.

Ils passent par là et marchent longuement.

- C'est par ici, dit encore le jeune homme.

Ils prennent le chemin indiqué. La.marche dure plusieurs heures.

- Il faut passer par-dessus cette palissade, explique le bonhomme.

Il pose délicatement la chaussette au sommet de la palissade, grimpe sportivement et atterrit de l'autre côté avant de reprendre la gentille chaussette effarouchée mais qui n'ose contredire son accompagnateur.

- Ce n'est plus très loin, dit-il en soulevant une grosse pierre qui cache un passage souterrain et secret.

Combien de temps leur faut-il pour traverser le réseau d'étroites galeries qu'utilisaient les communistes à l'époque où ils pensaient parvenir au pouvoir très vite avant de devoir fuir, accusés de révisionnisme khrouchtchevien ? Nul ne saurait le dire.

Les jours et les nuits se succèdent peut-être. Dans ce monde souterrain encore imprégné de l'atmosphère ouatée de la Guerre Froide, le temps paraît suspendu et fragilisé.

Néanmoins, après une traversée interminable, un point de lumière se fait perceptible et atteste que là-bas, derrière une armée de stalagmites et de stalactites, point le jour vrai, né de la lumière vrai, du monde superficiel de la réalité terrestre.

- C'est par là--bas, s'exclame le garçon enjoué. Il n'y a plus qu'à traverser la plaine, la forêt et une chaîne de montagnes un peu affaissée, tu verras ! Ensuite, une barque nous attend.

La chaussette sent la moutarde lui monter au col.

#64 Hattie

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Posté 21 octobre 2018 - 07:09

Mais là bas, un peu plus loin, dans la direction en question, après la plaine, la forêt, la toundra.., un lac gelé, mais pas de barque. Puis, deux ou trois chaînes de montagne, et quatre ou cinq perdrix. Puis, plus rien. Que rien. Que neige et glace. Que glas et sel. Que froidure et vastitude. A peine sur l'horizon un soleil blanc. Un jour blanc. Dans un ciel blanc. Et quelques fantomatiques bouleaux à l'écorce blanche.

_ '' un curé noir sur la neige blanche un dimanche ça tranche '' s'amuse, narquois, le jeune homme.

 

La cornette-houri sent la chaussette lui monter aux fesses. Là voilà qui pense à sa sœur jumelle. Au trou. Au néant. A l'Homme. A Dieu. Une crise de larmes sans précédent secoue son corps. Elle a froid. Ses tremblement sont blancs. Et ses frissons ras.

_ '' Sommes-nous bientôt arrivés ? Où allons-nous ? ''

_ ''Ah ! Ah ! Ah ! Au pays où même Charon ne se retourne plus ! Ah ! Ah ! Ah !

_ '' -------------------------------------------------------------------- ????? ''

_ '' Je suis le camarde Sacha. Nous sommes en Sibérie. Je suis l'envoyé du camarade Dimitri. Qui est lui-même l'envoyé du camarade Aliocha. Qui est lui-même l'envoyé du camarade Volodia. Smmes chargés de combattre la morale démocratique et religieuse puante de l'Occident. Nous anéantirons votre idéologie pourrave jusqu'à notre dernière goutte de vodka. C'est dire ! Allez, chaussette-cornette à pois blancs, mon p'tit coup, bois un p'tit chou : za tvoe zdorovie !

_ '' Grossier personnage ! J'en toucherai deux mots à notre Président. ''

 

Pendant ce temps-là, notre Président... Aux prises avec Michel.



#65 serioscal

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Posté 21 octobre 2018 - 08:35

C

La lettre C est apparue comme par enchantement !

#66 serioscal

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Posté 21 octobre 2018 - 08:55

/.../

Michel ne pense déjà plus à la politique internationale de l'intérieur présidentiel. Il a ouvert un livre de Platon. Il commente en temps réel.

- Il est pas chié, çui-là ! Uh. Il couchait avec qui, au fait ? Oh... oh !"

Madame O est obligée d'appeler les urgences. Son mari est prix de convulsions un peu indécentes, c'est embarrassant. Il avait une TV prévue à 20h.

Or, à peine a-t-elle raccroché le téléphone, la sonnette de la porte d'entrée retentit.

- Ils sont sacrément rapides, les urgences !, glapit Michel entre deux convulsions indécentes.

Mais non. C'est Olivier. Il apporte une brassée de lettres d'insultes et une boite.

- Une boîte ?
- Oui. Une boîte.
- De Sibérie ?
- Oui-da, Michel. Pose ta main ailleurs, s'il te plait.
- Mais ouvre, ouv... urk, urk.
- Mais enfin, chéri ! Ce n'est qu'une chaussette.

#67 Hattie

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Posté 22 octobre 2018 - 05:55

Il semble à Michel qu'il ne faille pas passer aussi vite sur ce C soudain autant qu'impromptu. Il profitera de son passage aux urgences pour analyser plus à fond ce signe. Mais, en attendant, pas de temps à perdre, Michel se place devant son bureau, entre la lumière et la pénombre de son moral. On devine toute l'application de la réflexion. Toute la méthode, rigoureuse. Une main. Deux mains. Main ouverte, main fermée. Mains ouvertes. Mains fermées. Une main ouverte. Une main fermée. Doigts relevés, doigts couchés. Doigts relevés, doigt couché. Doigts couchés, doigt relevé. Le pouce, l'index, le majeur, ensemble, séparément. Il recommence et recommence. Ne compte plus son temps. L'auriculaire est un peu faible. Il en profite pour se gratter l'Oreille. La pénombre finit par comprendre qu'il tente des ombres chinoises. Tant et si bien que l'une d'elles, ombres chinoises, a dû l'être (non, pas lettre, Olivier ! l'être) tentée, aguichée, car soudain une crampe lui tétanise le majeur de la main gauche. Majeur resté dressé et raide. Telle une stèle d'amour.

 

_ '' Regarde ! Madame O. ''.

Madame O regarde.

_ '' Mais... ne vois-tu pas, Madame O, que c'est la main du diable ? ! La gauche ! Le doigt du diable ! ''

Madame O ne voit pas.

 

Michel n'est pas marié, mais dans son hédonisme solaire et gran-di-ose, il ne manque jamais d'appeler ses compagnes, Madame O, un peu à la chinoise. Pour mieux les fondre dans la foule immatérielle d'un ciel sans Dieu dans lequel un cerf-volant s'envolerait... Tout rond, tout beau, sublime, à son image cosmo-ego-génique. A l'anti-lieu de la sphère céleste de Nadine et son Archevêque.

 

Olivier reste dans son coin. Un peu jaloux. Mais toujours gentil. Timide. Il réalise qu'avec la Poste il ne voyage pas autant. Pense à sa reconversion.

Soudain, la chaussette-boîte, sort de sa léthargie de chaussette. Et Paf ! (encore) sur le doigt relevé de Michel, tel un préservatif phrygien. Michel n'en croit plus ses yeux. Secoué de spasmes violents. Verts. Incoercibles. Ses lunettes carrées tombent au sol.



#68 serioscal

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Posté 22 octobre 2018 - 07:25

Les lunettes déforment le sol.

Olivier est le premier à voir ses jolies chaussures EramChe fondre sous l'effet des lunettes séditieuses philosophales qui savent avec exactitude montrer la bassesse des penseurs d'hier qui, erreur fatale, ne faisaient pas même l'effort d'intuiter l'avènement de Michel O, époux de Madame O à la ville, amant de spn rocking-chair doté d'un robot transcripteur de ronflements à la campagne.

Les lunettes ont conscience que le nez qui naguère les portait est au bord de l'asphyxie orgastique. Le doigt du philosophe est prisonnier d'une chaussette puissante et tendre comme une vraie vulve. La Vérité-de-la-Vie lamine un à un les octets sensibles et mathématiques du penseur qui croyait avoir éliminé, les uns après les autres, les usurpateurs de sa bonne parole, couirc ! C'est la jouissance, barthésienne par principe, qui aura eu sa peau.

Le visage buriné par des décennies de sieste et d'intellect herbivore devient vert. Michel sussure :

- Roland, Roland... Pas toi, quand mê...

Les lunettes poursuivent leur Oeuvre de Déréliction. Elles tapotent le sol.

#69 Hattie

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Posté 23 octobre 2018 - 06:01

Elles tapotent tapotent le sol, gondolées de spasmes. La vision philosophale leur fait défaut. Elles ne voient plus. Mais elles rient. Rient. Rient. D'un rire bergsonien. A peine arrivent-elles à prononcer quelques mots entrecoupés de hoquets de hi. Tel un ballon saturé d'autruches dans le ciel mythologique. .

'' Tout se tient '', pense Roland, pas très loin.

_ '' Hi hi hi... ''. Pour la compréhension du dire, les hi hi, souvent compréhensifs, s'italisent d'eux-mêmes. '' On hi hi hi t'avait bien dit hi hi hi hi de ne pas passer hi hi hi hihi la chemise blanche, hi hi hi hi hi hi … ! ''.

Manière à peine camouflée qu'ont les lunettes carrées de se venger. Et manifester, du même coup, leur connaissance en la fashionista-dialectique, ce que doit ou ne doit pas porter un philosophe sur le déclin.

Les hi hi s'en vont crescendo. Dans le ciel de Sibérie, afin de ne pas croiser ceux de Nadine et de l'Archevêque, pâles hi hi extatiques méphistocélestique mais ahurissants de rouge-baisers.

Laissant Michel pas hi-lard du tout. Plat. Terne. Mou Ses lunettes le trompent, '' elles-t-aussi '' s’exclame-t-il, à moitié raide sous la polaire de Roland. Que vient de gentiment lui prêter Roland.

Roland, la gentillesse même. La douceur. L'intelligence. La culture. Le respect. Le degré zéro de la bêtise. La nouvelle dimension de la révolution. Si elle devait avoir lieu.

Roland s'approche de Michel. Les secours devraient arriver assez vite.

Roland cherche le mot gentil, la phrase liante mais suffisamment neutre, afin de ne pas malaiser un peu plus le pauvre Michel qui s'enfonce de seconde en seconde. Roland pense pouvoir réamorcer la pompe en allant sur le terrain de l'hédonisme.

_ '' Alors, comme ça, Michel, paraîtrait que tu n'aimes plus trop les torses luisants et bellâtres des jeunes gens ? '' dit-il avec un large sourire. Plein de bonnes intentions.

A ces mots, Michel ouvre un large bec et laisse tomber son corps. Son doigt toujours relevé, avec sa vulve phrygienne au philosophal bout.

 

Pendant ce temps-là, tout ce temps-là, Madame O. Rien. Madame O, non, pas Rien. Neutre. Présente et suffisamment effacée pour n'en être pas moins ouverte – sorte de figure chinoise très appréciée de François C. Afin que se passe quelque chose de tendre. Et doux. Tendre et doux.



#70 serioscal

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Posté 23 octobre 2018 - 06:46

Pendant ce temps, l'homme qui a perdu sa chaussette peu de temps après s'être rendu compte qu'elle était trouée se demande ce qu'il fout là, au milieu de ce foutoir philosophique un peu « pipole » alors qu'il voyait son destin déjà minimal s'amenuiser encore.

Il s'explique.

- J'ai traversé les cieux et les océans, j'ai connu la guerre et la désolation, la prospérité et les petites joies de la paix citoyenne. J'ai bu le vin des délires instruits et la bibine trafiquée des bas-fonds qui ne connaissent du ciel que l'opacité silencieuse comme une menace incontrôlable. J'ai lu, oui. Et au bout du compte, ce sont ces brocanteurs d'idées inertes qui m'auront volé ma chaussette, seule joie de mon pied réduit à l'état de pointe, dois-je le rappeler ? C'est assez. Assez de ces troubles sans désordre, chaos sans énergie, collection d'images obscènes mais effroyablement cliniques...

- Il faut organiser le chaos, peut-être ?

Roland s'est rapproché de l'homme qui croyait parler seul.

#71 Hattie

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Posté 23 octobre 2018 - 10:06

L'homme à la chaussette perdue tressaille. Disons, sursaute. Puisque nous allons essayer de réorganiser le chaos, avec l'aide bienveillante de Roland.

_ '' C'est que les récits du monde sont innombrables, non.. ? '' s'essaie, dubitatif, Roland.

L'homme ne réagit pas. Il semble étonné. Il sent dans le ton et la voix de Roland de la cordialité. C'est que Roland, qui a un peu froid sans sa polaire, sait la fragilité d'un être défait de son habit. D'événements en événements, en effet, la chaussette trouée s'est fait la malle. Il ne s'agirait donc pas de remuer maladroitement le trou de la chaussette dans la chaussure sans chaussette.

Roland, ravi de poursuivre : '' L'homme, l'humain, est présent dans tous les récits de tous les temps, de tous les lieux, de tous les groupes, toutes les sociétés.'' Jusque là, ça va. Il reprend : '' De tous les mythes. Tous les sacrifices. '' Au mot sacrifice, l'homme à la chaussette-perdue commence à sentir venir sous le pied la pierre qui le fera trébucher.

_ '' Assez ! '' Il roule les R comme une toupie.

_ '' ------------------------------------ (silence à la fois de déconvenue et attentionné). Vous permettez quand même ? A propos d'images obscènes et effroyablement cliniques ...je pense que vous confondez avec Michel, l'autre Michel, ou encore avec Gilles & Félix. La comparaison, toutefois, est plus que flatteuse, même si les concepts...

_ '' MER-DE '' (clair. net. et sans équivoque).

_ '' Soit. Si cela vous semble un peut trop clinique, complexe, passons sur les concepts... Entrons de plein pied dans le vif du sujet. La réalité du quotidien. Qui est le tien. Qui est le mien. Là, maintenant. Le nôtre. Notre humanité. Fixe ou mobile. Bonne ou mauvaise. Or, il n'existe d'humanité sans récit. Sans mythologie. Quel que soit le récit. Sa fragilité ou sa maladresse. Et sans volonté d'agir, par derrière... ''

L'homme commence à trépigner. Faire les cent pas. Piaffer. Piétiner. On le sent à bout.

A ce moment-là, à ce moment précis, Roland marche sur le pied de l'homme. Son gros orteil. Malencontreusement ou volontairement ? Rien, pour l'instant, ne permet de le déterminer assurément. Normal, puisque l'homme n'est pas assuré. L''homme à la chaussette-perdue n'en peut plus. Craque. Perd pied. Pers-os. La pointe de son moignon transperce le récit de part-en-part. Un véritable gouffre.

_ '' Cela me fait penser au Capital '', lance un peu provo Roland.

Le Capital, toujours à la porte, manifeste :

_ '' Pour un statut revalorisé du Capital. Marre ! Marre ! Marre ! ''.

 

Et voilà le Capital de se lancer à nouveau dans une longue tirade :

_ '' Durant des siècles, le monde fit comme si le Capital n'existait pas. Le Capital, souvent, restait à la porte. Couchait dehors. Dans des hôtels miteux. Des valises trouées. Des bas rafistolés. Ignoré de tous, des voisins, des amis, des passants, des préposés de la Poste, des intellectuels aveuglés par la Morale ! Le Capital devint le réceptacle de tous les maux, le fauteur de tous les troubles, l'In-divis, l'In-désirable, l'objet que l'on cache, celui que l'on ne veut pas partager, le haut-le-cœur de tous les pauvres, catholiques, vieux relent d'un coup de dés mal compris.... Jusqu'au jour où, pour une raison ou pour une autre, le Capital, défait de ses liens, sauta à la figure du capitalisme. Le griffa. Le mordit. Lui cracha à la figure. Le renia.

 

A se demander si ce n'était pas la fin du monde.



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Posté 23 octobre 2018 - 09:08

- Mais la révolution ?, demande gentiment Olivier qui ne comprend pas grand-chose à cette histoire.
- Ah, la révolution..., soupire Roland, un peu las.
- Oui, la révolution ! Elle m'a tout pris, se plaint l'homme. Même ma chaussette.
- Ountch, ountch, bruit Michel dont l'extase digitale paralyse insidieusement le système neuronal.
- Sliourp, déguste la chaussette un peu perverse.
- Vous m'avez appelé ?

Jean-Luc se tient sur la porte qui est aussi le parvis de l'église et encore une vague palissade qui donne sur la taïga. La révolution, la rébellion, le chaos, l'histoire,les millions et même le Capital, c'est lui. Il le sait intimement. Il voudrait bénéficier du soutien théorique de Michel mais le philosophe n'est plus qu'une éponge en sueur. Il regarde Roland sans le reconnaître (il ne votera jamais pour lui, le salaud). Dans le ciel, il voit une grosse boule rouge.

Jean-Luc sourit. Les enfants de ce pays lancent des ballons en son honneur ! Ces petits cons ont oublié d'inscrire sur le ballon le sigle magique qui désigne sans ambiguïté l'homme qui incarne seul l'esprit et les finances de la révolution. Mais bon... C'est un début.

Mais il y a quelque chose qui bouge dans le ballon. Jean-Luc plisse les yeux pour mieux voir. Les autres semblent prendre conscience de l'existence de ce drôle de bonhomme.

Le visage de Jean-Luc rougit. Et gonfle.

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Posté 24 octobre 2018 - 05:27

Un gonflement de bonheur ! Là-haut dans le ciel bat le-cœur-du-monde-acquis-à-sa-cause.

Bat le cœur de millions d'amis, le cœur de millions de tweets, le chœur de millions d'insultes, le cœur de millions d'hologrammes.

_ '' La voilà ma Révolution. Exponentielle. Je la tiens ! Personne ne pourra plus jamais me la piquer. Des millions de millions de followers dans un tout petit quelque chose qui bat au centre d'un point rouge qui s'élève en se multipliant. La Révolution Exponentielle ! va éclater à la figure de tous et de tout. La RE ! La plénitude du RE ! Alexis ! C'est sublime. ''

Pas très loin des fastes et des grâces de Jean-Luc, on s'attendrait à voir accourir Alexis, bon et serviable chevalier, gardien moral des faits et causes de la révolution insoumise. Mais pas même.

_ '' C'est un peu dans l'ordre de la révolution, non ? '' C'est le Récit qui parle. Inattendu mais partout. Inattendu car partout. A la porte ; devant la porte ; la porte du ciel ; la porte de Sibérie ; la porte de Dieu ; la porte de Munich ; etc. A la fois Dieu et téléphone, personnage et objet, faits et gestes de chacun. Membre démembré de la société civile, philosophique, religieuse et politique. En marche. Il ronchonne. On peut comprendre sa fatigue. Le Récit chouine. Rougne. Rogne. Pleurniche.

_ '' Tout a un sens ou rien n'en a '' pique-t-il à Roland. (Roland n'est pas un peu fier de l'emprunt !)

_ '' Tu veux dire que rien n'est jamais perdu ? '' asticote la téléphone.

Pile à ce moment, le téléphone sonne.

Personne ne décroche.

Il règne dans la pièce une atmosphère lourde et pesante.

Chacun attend que l'autre trébuche sur le coin du tapis relevé, là où se rangent pêle-mêle dénis et contradictions.

_ '' Voilà quelque chose de perdu qui a un sens, sonnant... '', s'autorise malicieusement-l’homme à la chaussette-perdue.

_ '' Tout à un sens ou rien n'en a, reprend le Récit, mais en même temps / ''

_ '' NON ! '' tempête Jean-Luc. J'interdis au Récit de dire '' en même temps ''.

Le Récit se demande à quoi sert cette dictature indicielle insidieuse.

_ '' Puisque c'est cela, je décrète à mon tour interdit d'interdire ! Ce n'est pas nouveau, dit le Récit vieillissant, mais qu'est-ce que ça fait du bien ! Et, là, coincé comme un rat dans tes propres contradictions, hein, qu'est-ce que tu peux faire, sale petit con exponentiel ! ''

Le Récit s'emballe.


 


 



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Posté 24 octobre 2018 - 07:05

L'empire s'étend. Au centre, la chaussette succube et sa proie, un homme qui faisait profession de philosophie et qui avait son étal bien à lui dans plusieurs marchés de banlieue et de province. Le philosophe se liquéfie sous le charme dévorant de l'être langoureux et filaire qui l'absorbe.

A l'horizon, l'énorme ballon rouge obscène. L'archevêque devenu pape n'en a pas fini de sermonner Nadine, qui lui explique en murmurant un nombre invraisemblable de péchés de chair et de pensées irrégulières.

C'est un horizon fluide. Il coule d'ouest en est, baignant le monde d'une bizarre lumière orangée très plastique, comme un jouet fabriqué vers 1975, 1976.

Dans les marges, une cohorte se forme autour de Jean-Luc, très en forme à présent qu'il a été laïké par Angélique Boyer, la célèbre actrice franco-mexicaine qui excella dans Teresa et L'abîme de la passion. En fait, elle s'était trompé de tweet. A 10 000 kilomètres de là, Jean-Luc prépare avec sa camarade préférée une vaste campagne de communication sur le thème : « La révolution, c'est la telenovela de demain ! »

L'homme échausseté, entouré de Roland et de ses amis, se décomposent. Michel (l'ami de Roland) commente, un peu sec :

- On voit bien ici qu'on n'a plus l'homme. On a ce qui est le sujet de sa chaussette dont le temps est très distinct du sujet volontaire qui n'est plus qu'un mouton de poussière, hein Gilles ?
- C'est des séries, Michel. C'est des séries.

Ses yeux pétillent.

#75 Hattie

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Posté 24 octobre 2018 - 02:57

Gilles, c'est le bon gars, la moitié d'un bon gars. L'autre moitié c'est Félix. On voit ici, a contrario de ce que sous-entend Michel'F, que deux moitiés d'hommes font aisément un bon sujet. Gilles & Félix, parfois Félix & Gilles, ensemble, cherchent le point de déréliction de l'être, le grain de folie de chacun qui fait de l'être ordinaire un être d'exception. Tirer des plans sur la comète et le chaos afin de protéger l'Humain du dualisme Bien / Mal // Ciel / Terre

 

_ '' Félixch', il a un gros quiqui ! '' (bruit de fond)

 

C'est lors d'une telenovela que Francisco, le précédent Pape, se fit remarquer par ses performances d'acteur. Et rencontra Angélique pour la première fois. Le rôle qu'il tenait dans Francisco, A love-story, lui collait tellement au corps, que, par décence, le metteur en scène lui demanda de jouer le rôle de Pape et porter la robe ! Sympathique anecdote si... Angélique ne s'était entichée de l'acteur ! Acteur qui allait devenir devant le monde entier, devant la Communauté des Hommes et devant Dieu celui qu'on sait. L'In-faillible. C'est à peine un peu moins englobant que cela, mais, nous n'allons pas déchirer le Ciel pour trouver le chaos ! Sinon, tout va finir en apocalose.


 


 



#76 serioscal

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Posté 24 octobre 2018 - 07:18

- Non, non, explique Roland à Féliquezeche qui n'en peut mais. L'apocalypche n'est pas un modèle de RECIT [au sens narratologique] de ce mot. C'est la diégèse dans la mimèse qui en cause, dirait Gérard ! Il est où, Gérard ?
- Je ne sais pas, dit Michel, un peu sec. Je te rappelle que tu es mort, bonhomme.
- Rigole, va !

Michel, Roland et Félicueseche se taisent. La mort. Ils l'avaient oubliée, tout ce temps. Elle, non. Elle n'oublie pas grand-chose, c'est vrai. Avec une synchronie troublante, leurs regards se tournent vers la serpillière vert-de-gris qui traîne au sol, à côté d'une jolie chaussette trouée.

-La fêlure, souffle Gilles, fasciné.
- Ce n'est pas une fêlure, essaie de corriger Felipe Quedetche-Ruiz, c'est une trou.
- La verticalité, s'illumine Roland, c'est le Poème.
- Oh.non ! René va encore venir nous casser la gueule !

Le récit, tapi dans l'ombre, ôte son masque. On reconnaît aisément Renato del Charon, ruisselant de sueur.

Renato, aussi furieux que mystérieux, éloigne d'un pied puissant et indifférent la serpillière en voie de pulvérisation.

Inutile de parler aux débris.

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Posté 25 octobre 2018 - 05:43

On entend glousser dans un coin de la cage.

C'est Michel'O. Un véritable sujet d'inspiration, gazouillis, Kilravisman ! bel éphèbe apaisé, éphèbe au soleil, convaincant de concubyzance, dirait Roland, le grand-père Bacri.

Glousse encore de plaisir. Et plaisir. Et plaisir. Ne l'a-t-on pas aimé, sucé et épuisé, puisé jusqu'à la dernière semence. Hébé !

Glousse à pleurer de nous lire, extralucide et sans pro-thèse. Presque transparent.

Glousse de confusion, hésitant entre sa houri et Gérard (du même nem).

Glousse de tristesse en voyant l'apocalypche. Il l'avait bien dit, à force, à force, les forces du Mal et les migrations obscures.. Ouhhhhh... Avec Marine, il sait des fantômes, ils sont là, ils rotent...

Glousse devant le evrt-de-srig de la serpillère, à côté de la chaussette devenue pastel à force de sueurs et de secousses. On se croirait sous un ciel polaire. Aux moutons enneigés et aux prairies de sels vierges.

Ou dans un tableau apocalypchic de son ami Gouraste, Le Ravin de la Peine.

Michel'O tient le prochain sujet de son prochain bouquin de son prochain passage au prochain épisode de la télécérébralité qu'il déteste. Et commente. Tellement aimant. Son prochain bouquin s’appellera : Hir Omami. Du nom d'un grand chef cuisinier inuit au doigt levé de glace et de sucre.

Il règne sous la constellation polaire un goût amer de stupre et de cognac. Michel cherche l'ami. Cherche la compréhension. Cherche Roland. Qui serait mort ? Ce n'est pas possible, il n'est pas mort. Il doit lui rendre sa polaire avant. On ne meurt pas sans l'assurance du très confraternel remerciement de Michel'O.


 


 


 



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Posté 25 octobre 2018 - 06:23

Un oiseau passe et regarde la cage. Les gloussements l'inquiètent un peu mais surtout l'allure de cet homme qui doit être un grand philosophe, vu sa silhouette informe (comme un amateur d'art transgressif qui aurait fini par ressembler à une oeuvre informelle).

L'oeuvre informelle parle. Nul ne l'entend. C'est Roland de Ronceveau, à présent. Il mugit et glapit à travers une corne de brume. Il chante le regret amer de la belle houri du sein de laquelle on le détacha pour quelle mystérieuse raison, par quel furieux décret ? Roland éperdu chante, à travers sa corne de brume, la fin du monde. C'est une téléapocalypche qui doit être bouclée pour la fin de l'année. On a demandé à Gérard (Dédé) et à l'homme qu'on veut faire témoigner de sa chaussette perdue de se préparer pour l'épisode suivant. Or, la scène dure. Roland souffle comme un damné dans sa corne de brume. Tous ses amis se sont endormis.

L'oiseau hoche la tête, un peu navré et déploie ses petites ailes vers le ciel presque tout rouge.

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Posté 25 octobre 2018 - 12:42

_ '' Je ne suis pas sorti des griffes de Félixche et son gros quiqui pour devenir le dindon de la farce de Michel ! '' cuicuite l'oiseau.

 

_ '' G G tu nous les casses graves, toi, les figures ! ''

C'est le metteur en scène de la nouvelle téléapocalypche qui envoie apocalypschier tout le monde. Il ne comprend plus rien aux épisodes de sa série. C'est le chaos intégral. L'absolue incompréhension d'une télécrucifixion sans clous. Ni énigme.

Il poursuit : '' Toi-autre, le Roland de Ronds-Chevaux, rentré en France pour te faire vacciner contre la grippe espagnole, hé, tu sais où tu peux te la mettre ta corne de brume ? ! ''

_ '' Chongqing '' dit la Reine revenue de Chine en bateau, escale par le LIEU en vue de faire un petit coucou à l'Homme.

Elle lui rapporte un cadeau : un magnifique kilt Mac Arena, pure laine d’Écosse, et sa paire de chaussettes assorties, blanches à pompons rouges et verts.

Le metteur en chaîne poursuit - sans grande surprise dans le synopsis :

_ '' C'est toi qui nous les gaves grave les pompons ! Babeth ''

Arrivé à ce point de vulgarité, les acteurs décident de se mettre en grève. Même Michel'O, qui pourtant, par-dessus tout, aime se faire acclamer. Or, comment se faire acclamer sans public ?

_ '' Le réel est bien plus dur que le virtuel.'' Amer constat de Michel'O. Qui prend une serviette, l'enroule et la noue sur sa bouche, en guise de bâillon. Ah ! Si jean-Luc le voyait.........

Force est de reconnaître que le corps de brume lui seyait à merveille. Emplissant ses joues gazouillettes d'un air si glorieux. Un peu plus, et les anges chantaient de concert l'Adoramus Te.

 

_ '' Contre mauvaise haleine, bon masque ! '' lance quelqu'un dans l'assistance. Méchant. L'Anonyme.



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Posté 25 octobre 2018 - 07:27

L'obscurité absorbe tout ce beau monde.
L'obscurité n'a pas de masque. Elle ne masque personne.
Elle flingue ce qu'elle obscure et tait. Elle tait ce qu'elle nue. Elle est la simplicité nue.
Un trait, à peine.
Pas une ligne même. Une silhouette ? Vous voulez rire !
Derrière la palissade, on entend un bourdonnement de voix. Indistinctes, vrombissantes. On tourne un film,peut-être. On ne peut pas savoir.
On ne voit rien. Il n'y a que l'obscurité
et une chaussette
pliée, re-
pliée, froissée,
ce qui ne se voit pas dans l'obscurité. On ne voit
rien,
pas même l'homme qui n'est plus un homme
(Il n'a plus sa chaussette)
ni une ombre ou une
ombre d'ombre (rien,
non) et se confond avec l'obscurité
à ce moment

/.../

totale.

#81 Hattie

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Posté 26 octobre 2018 - 05:37

Acteur I :    _ Habemus Papam !

Acteur 2 :   _ Fait chier la 2 ! C'est encore la chaîne publique, ça...

Acteur 3 :   _ L'heure de la duplicité

Acteur 4 :   _ La laideur noire de la mélancolie

Acteur 5 :   _ Encore un malaise vagal !

Acteur 6 :   _ Ya personne sur cette p'tain de terre pour remettre le courant ?

Acteur 7 :   _ C'est rien ! C'est encore Jean-Luc qui dit 'joncte '

Acteur 8 :   _ Jour / Nuit Jour/ Nuit Jour/ Nuit : Nadine et l'Archevêque dans le rouge et le noir

Acteur 9 :   _ On nous a encore coupé les subventions... Faut les décaniller aux prochaines !

Acteur 10 : _ Le public ! Le monde entier est anonyme !

Acteur 11 : _ L'anonyme a à-moitié raison, l'obscurité polaire dure 6 mois !

Acteur 12 : _ Si elle (l'obscurité) tait ce qu'elle nue, ya intérêt à vite s'rhabiller !

Acteur 13 : _ Noire est la chaussette qui rend les coups

 

La scène devient une immense kermesse.

 

Derrière la palissade, le machiniste Moutarde, avec une bobine de fil-M.

Mais déjà on soupeçonne le trait très fin d'un commencement de lumière.

C'est Pierre, dans toute la narrativité de son Art et la magnifi-science de son trait.

 

 



#82 serioscal

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Posté 26 octobre 2018 - 06:41

Roland s'approche et lui dit gravement : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Récit ». Les acteurs se rassemblent pour former un choeur qui chantent une Louange multiple.

Louange à l'homme sans sa chaussette,l'homme qui n'est que la recherche de sa chaussette. Cet homme est métaphysique.

Louange à la chaussette,même trouée, même déformée. D'elle découle toute la Beauté de ce Monde.

Louange à la métaphysique qui engendra le cinéma, la telenovelapokalypche, Michel O et sa subjuguante épouse, Madame O.

Et la métaphysique engendra l'hologramme de Jean-Luc mais pas le Tri Postal, pas avant la Révolution.

La question qui demeure est de savoir si la Révolution doit précéder l'Apolaclipche ou l'inverse.

Dans son angle d'ombre, Renato tousse grassement mais silencieusement.

#83 Hattie

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Posté 26 octobre 2018 - 07:18

Au-delà de l'affiche, Renato touss' parce que Rigato nie. Que la bobine fume. Et que Renato a faim.

Il mangerait le monde entier, les grandes gesticulations du monde. Mais dans la cage, plume-aime un oiseau.

Le rouge-gorge belliqueux s'est transformé en bénitier, par la grâce de l'ex-machina-rchevêque, le nouveau Pape.

 

L'Anonyme a (du vers-bhabe / avoir) la joue gauche.

 

Pelle s'en mêle :

_ '' La lumière, la lux valgus, comme tout concept, jure-t-elle, n'est que la jarretelle de l'obscurité. ''

_ '' Alors là... la Révolution n'est pas pour tout' suite ...''

C'est Olivier. Portant sur le front l’œil noir de ses 6 clopes et la signature de son dernier courrier à J-R.

 

Dans son atelier, Pierre commence à sourire.



#84 denis_h

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Posté 26 octobre 2018 - 09:25

C EST MICHEL CONRAD QUI A TROUé LA CHAUSSETTE

 

JE L AI VU   IL BAVAIT DERRIERE SES PETITES LUNETTES RONDES



#85 serioscal

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Posté 26 octobre 2018 - 12:25

L'apocalypsche commence :-0

#86 Hattie

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Posté 26 octobre 2018 - 12:44

_ '' Où ça un Comanche, que je l'évangéliche ! ''



#87 serioscal

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Posté 26 octobre 2018 - 05:37

Voilà où mène l'excès d'attention porté à une simple chaussette, dont l'existence n'aurait jamais dû être divulguée chi on avait voulu rechter digne.

On aurait eu un drame social de premier ordre, un homme aux prises avec une tentaculaire société d'assurances. L'homme aurait cherché des soutiens dans le monde télévisé. Jean-Luc, Olivier, Michel et sa troublante épouse O, se seraient réunis autour du malheureux réduit à une silhouette minimale parce que la narration est d'obédience minimaliste,pour l'aider même si son cas est désespéré et tirer les leçons de son existence navrante.

- Le Capital, souffle Olivier en tremblant comme un jeune roseau...
- Non, rétorque Jean-Luc (qui semble se prendre à ce moment pour l'inspecteur Derrick). Ne vois-tu pas, jeune Padawan ? Il manque uns chaussette à cet homme.

#88 Hattie

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Posté 27 octobre 2018 - 05:37

C'est le moment précis que choisit Roland pour annoncer, sec :

_ '' Je suis amoureux.''

D'aucuns diront c'est une diversion, d'autres c'est une allégorie du corps exalté, du je-te-prends de l'enfance, du vouloir-saisir du pied.

 

Dans son atelier, Pierre est aux pinceaux. Le trait de son art s'affirme.



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Posté 27 octobre 2018 - 06:39

- C'est une question d'épistémè, répond Michel du tac au tac en regardant attentivement la femme de l'autre Michel qui regarde ses pied.
- Une construction micro-organisée, née des systèmes de coercition sociale qui te traversent comme un filet calibré pour les petits poissons, surenchérit Gillou. Tu es une sardine grillée.
- Il faut réellement décomposer le moment discursif que tu as engagé, Roland. Rappelle-toi que le Capital n'est pas loin.

- Et la religion ? Elle est pas restée toute neuve, la religion ?

L'archevêque papal est de retour. Nadine est à ses côtés, habillée en papesse archevêquale (très chic, d'ailleurs). Ils ne viennent pas seulement prêcher la bonne parole ou faire enfermer les esprits corrompus et athées qui composent cette assemblée. Ils prétendent également réguler les visages déclarés nuptiaux.

Un petit ensemble joue des sonates des Vivaldi. Michel O ronfle.

#90 Hattie

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Posté 27 octobre 2018 - 08:12

_ '' Je suis amoureux de l'amour. '', Roland, tout aussi sec.

_ '' Oh ! C'est top chou ! '' lance Nadine dans son tailleur Bachelor, rose fuji-alma, piqué à une copine.

    '' BCBG de toutes les nuptions, prenez votre pied, rejoignez-noys !